un miroir homme se renseigne sur les miroirs dans une bibliotheque

Miroir et histoire, vestige -

Miroirs de l’antiquité à nos jours

de lecture - mots

Vous vous êtes sans doute déjà demandé qui a inventé les miroirs ? À quoi ils ressemblaient à l'époque ? Où les a-t-on retrouvés ? Ou encore, comment se sont-ils répandu à travers le monde ? 

Nous sommes passionnés par le sujet et nous savons exactement comment vous aider.

Dans cet article, vous découvrirez :

  • qui, est à l'origine des premiers miroirs lointains, 
  • les principaux vestiges qui ont été retrouvés,
  • quels étaient les dangers liés à la fabrication des miroirs,
  • l'essor et les progrès des miroirs à travers le temps et
  • le parcours de la lumière dans le verre.

Après la lecture de cet article, vous maîtriserez les bases concernant la création des tout-premiers miroirs de la planète terre.

Assez perdu de temps, rentrons dans le vif du sujet !

 

Quelle est l’origine des miroirs ?

 

1. Définition

Le mot miroir est tiré du latin  mirare ” qui signifie  regarder ”, “ s'émerveiller “ ou encore admirer “. Les Romains utilisaient le mot “ spéculum " de " specere ” qui consiste à “ regarder “, “ contempler ”. Le miroir correspond à toute surface réfléchissante créé dans le but de se voir soi-même. Ils peuvent être faits d’eau, de pierre, de métal, de verre ou de plexiglas. 

Tout au long de l'histoire, des miroirs ont été fabriqués par différentes civilisations, à partir de différentes substances et avec un degré d'efficacité variable. Les miroirs étaient fabriqués en fonction de leurs futures utilisations.

Le miroir apporte " un sentiment de réflexion sur soi ". Le miroir est au cœur de tous les aspects de l'histoire de l'humanité - l'art, l'archéologie, la médecine, la psychologie, la philosophie, la technologie, l'optique et bien sûr, le style. 

2. Vestiges des premiers miroirs

Les reflets, miroirs d’eau existent depuis toujours et font partie de la nature. Delà, on peut citer les bassins d’eau calmes, la mer, la rivière, etc.

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De nombreux vestiges dans le monde, ont été retrouvés dans les tombes, notamment celles de femmes. On peut également remarquer qu'ils étaient tous faits pour être tenus entre leurs mains.

Les premiers miroirs en obsidienne polie et meulée, un verre volcanique, ont été créés en Turquie, il y a 8 000 ans. Les premiers miroirs en cuivre poli ont été trouvés en Irak (Mésopotamie) 4 000 ans avant Jésus-Christ. 3 000 années avant J.-C., les miroirs en pierre polie sont apparu en Amérique. 

Des pièces en ivoire et en bronze ont été observées à Pylos en Grèce au 16e siècle avant Jésus-Christ. Les plus anciens miroirs d'airain, XIe siècle avant J.-C., ont été retrouvés en Chine. Les miroirs en bronze ont été fabriqués 2 000 ans avant notre ère par les Chinois et les Indiens. Les Hébreux utilisaient du laiton. Les Grecs et les Romains utilisaient de l’argent ou du bronze. 

Les alliages métalliques ou les miroirs en métaux précieux étaient, dans l'Antiquité, des objets de grande valeur qui n'étaient accessibles qu'aux très riches. On pense que ce type de miroir a été fabriqué pour la première fois au Liban au premier siècle après J.-C. et que les Romains fabriquaient des miroirs bruts en verre soufflé avec un fond en plomb. Enfin, les Italiens ont commencé à utiliser du mercure. Ils avaient évolué et ont réussi à fabriquer des pièces d’une extrême beauté pour l’époque. 

Cependant, il s’est avéré que le mercure avait des effets dévastateurs sur les miroitiers, voyons-les ensemble.

 

miroir naturel obsidienne 

Les dangers liés à la fabrication des miroirs.

1. Le mercure un dangereux poison

Le mercure est un métal argenté, surnommé vif-argent jusqu'au début du 19e siècle. La manipulation du mercure est un procédé très dangereux et l'un des éléments les plus toxiques de la planète terre. Les travailleurs qui inhalent des vapeurs de mercure, développent par la suite, des changements de comportement et des troubles de la personnalité. Ils avaient également des problèmes d'asthme, rénaux et ressentaient des tremblements au niveau de leurs mains. Dans d'autres cas graves, des miroitiers auraient développé le syndrome des " chapeliers fous ". Ils déraisonnaient, hallucinaient et souffraient de paralysies. Leur espérance de vie était ainsi réduite à 30 années.

2. Les artisans punis par procuration

Une fois que les Vénitiens ont compris que leurs vies étaient en danger lors de la fabrication des miroirs, ils ont tenté de fuir de leur pays dès l'année 1747. D'après la légende, en récompense certains ont été assassinés pour avoir tenté de migrer vers l'Allemagne, d'autres ont été enfermés en prison et de nombreuses autres ont subi la saisie de leurs biens. En fait ce n'est pas seulement la main d'œuvre qu'ils voulaient garder sous la main, c'est surtout le savoir-faire, le secret de leur propriété industrielle qu'ils voulaient absolument protéger par la force.

 

Orlan. Miroirs Portrait-Stress of Our Society, 2009. Cinq miroirs en verre vénitien, pétrole, eau, paillettes, sang et or. H. 87 cm ; L. 57 cm ; P. 2 cm chacun. Collection de l’artiste.

Les secrets de fabrication des miroirs en mercure révélés

1. Les vénitiens sont enviés malgré tout.

Malgré cette vague de violence intrigante dans la ville du verre, la demande de miroir venant de l'étranger n'a cessé de croître. Durant des siècles les miroirs vénitiens ont été estimés comme des objets de représentation du luxe les plus précieux de l'Antiquité. Comme le notait Sénèque, "Pour un seul de ces miroirs d'argent ciselé ou d'or, incrustés de pierres précieuses, les femmes étaient capables de dépenser un montant égal à la dot que l'Etat offrait autrefois aux filles des pauvres généraux ! ". D'ailleurs selon Melchoir-Bonnet, un miroir vénitien encadré dans une riche bordure d'argent valait plus de 8 000 livres, c'est-à-dire environ 8 849 €. Les miroirs étaient si prisés que les Français ont commencé à réfléchir à des stratégies afin d'introduire cette industrie dans le pays. "Quiconque réussirait à introduire ces savoir-faire industriels, serait richement récompensé par le roi Louis XIV et par la populace.

2. Les Italiens désirent garder leurs secrets industriels

C'est ainsi qu'a commencé un jeu d'échec entre l'Italie et la France durant la majeure partie de la décennie. Soupçonnant les Français de vouloir dérober leurs savoirs, les Italiens ont envoyé des espions en France. Bien entendu les Français ont également envoyé des espions en Italie. Les Français ont incité les femmes des artisans à rejoindre la France, mais les Italiens ont déjoué cette stratégie. Du coup, une partie des épouses voulant fuir la vague de violence, ont-elles même monté un complot en interne, simulant ainsi des maladies. Les Italiens baissèrent leur garde. 

3. Les français œuvrent pour leur indépendance 

En 1660, voulant œuvrer pour rendre la France indépendante, le ministre des Finances de Louis XIV et Jean-Baptiste Colbert débauchent des artisans étrangers notamment des vitriers flamands et vénitiens pour former les ouvriers français. Colbert crée un atelier “ Saint-Gobain“ dans lequel les savoirs se transmettent. 

Les artisans manipulent des métaux lourds et ingèrent des vapeurs toxiques lors de la création des miroirs. Les artisans parviennent malgré tout à souffler, aplatir, revêtir et polir le verre. Beaucoup d'entre eux meurent suite aux mauvaises conditions de travail. Mais Dunoyer quant à lui, soupçonnait les Italiens de représailles à cause de ces morts subites.  

Les employés cumulent expériences et drames. Ils font le lien entre les décès et l'utilisation du mercure et améliorent leurs techniques de fabrication. L'usine Colbert fait face à de grandes difficultés. Quoi qu'il en soit, ils développèrent la coulée du verre sur table, permettant la production de miroirs bien plus grands que ceux qui étaient jusqu’ici soufflés à la bouche. Cette invention leur a permis de conquérir le marché européen. 

À la Révolution, la concurrence commence à émerger. Néanmoins, grâce au soutien de la royauté, 24 années plus tard, plus précisément en 1684, fournis par l'usine Colbert, les Français inaugurent la galerie des glaces du château de Versailles.

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L'amélioration des miroirs

1. Carreaux de verre

Les premiers miroirs en verre étaient faits de carreaux de verre découpés dans des formes de verre soufflé - toujours légèrement courbés, et toujours légèrement colorés, car la chimie de la fabrication du verre clair restait inconnue. Ces tuiles de verre ont ensuite été fixées sur des formes en plomb coulé encore chaudes, soigneusement dimensionnées, avec une mince couche de tôle polie entre les deux. Il s'agissait d'un processus bien ancré et imprécis, qui a donné lieu à des miroirs de faible réflexion.

2. L' argenture

En 1835, le baron employé de Colbert, Justus von Liebig, déniche le procédé chimique qui consiste à enduire la surface de verre d’argent métallique : l’argenture. Cette avancée propulse les techniques modernes de fabrication des miroirs. Améliorée puis adaptée à des verres plus clairs, cette méthode à permis la fabrication massive de miroirs. En 1662 Colbert interdit l'importation de miroirs vénitiens et en 1999 la France interdit l'utilisation du mercure.

3. Feuille de verre

Au 17e siècle, les miroirs encadrés s'imposent dans les éléments de décors des habitations. Le miroir typique était composé d'une feuille de verre recouverte sur le dos d'aluminium ou d'argent qui produit des images par réflexion. On les trouvait avec des cadres en ivoire, en argent, en ébène ou en écaille de tortue. 

Des artisans comme Grinling Gibbons (1648-1721) fabriquaient souvent des cadres de miroirs finement sculptés pour s'agencer à un ensemble décoratif complet. Les trumeaux (glaces au-dessus de cheminée) deviennent à la mode dans le même élan. Les frères anglais Robert et James Adam créèrent des foyers s'étendant du foyer au plafond et dépendant largement de leur effet sur les miroirs. Les miroirs pleins pied, ceux qui étaient assez grands pour refléter le corps entier, ne sont apparus qu'au 1er siècle de notre ère.

4. Verre transparent

Les miroirs que nous utilisons dans nos habitations actuellement, sont fabriqués à partir de verre transparent épais sur lequel on a appliqué au dos une couche réfléchissante d'aluminium ou d'argent puis une couche de cuivre ou de plomb. Le verre sert de support et de protection à la couche réfléchissante, alors que le tain rend le miroir entièrement opaque et empêche l'oxydation de la couche réfléchissante.

 

Se voir dans du verre, comment cela est possible ? 

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En faite, les rayons lumineux traversent le verre. Ceux-là sont réfléchis par la couche de métal située à l'arrière du verre. Enfin, ils reviennent vers nos yeux, reflétant ainsi l’image d’origine. Tout simplement.

 

Vous l'avez compris

Les premiers miroirs de l'humanité étaient en pierre naturelle d'obsidienne. Plus tard d'autres vestiges principalement en cuivre et en bronze, on été retrouvés. Les Hommes ont progressé, en créant des miroirs en verre et en mercure. Malheureusement, le mercure s'est révélé mortel pour eux. Grâce aux progrès, on profite aujourd'hui de miroirs en verres clairs qui renvoient des images nettes et précises.

Avec tous les détails croustillants de l'article, vous pourrez désormais stratégiquement et facilement enrichir une conversation qui tourne autour des miroirs anciens et vous orientez dans vos choix de glaces.

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